Pour ou contre le télétravail total ?

pour ou contre télétravail

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L’avenir du travail est-il à chercher du côté du télétravail total permanent, du moins pour tous les salariés dont le métier le permet ? C’est une option envisagée par des entreprises telles que Google, qui a instauré le full remote jusqu’en juillet 2021. Twitter et Square offrent quant à eux à leurs employés la possibilité de l’adopter de manière permanente. Reste à voir dans quelle mesure cette tendance se confirmera une fois la pandémie sous contrôle.

2020, l’an un du télétravail régulier

Après un développement poussif depuis une vingtaine d’années, le télétravail régulier a connu un gigantesque coup d’accélérateur lors des périodes de confinement de 2020. En 2017, seuls 3 % des salariés le pratiquaient un jour ou plus par semaine. A peine 4 % des Français interrogés par Cisco pouvaient télétravailler à leur guise avant de mars 2020.

Après cette date, cinq millions de salariés ont travaillé de chez eux lors du premier confinement. Selon le ministère du Travail, près de 8 millions d’emplois, soit 4 emplois sur 10, sont compatibles avec le télétravail dans le secteur privé. Cela tombe bien car 88 % des salariés « désirent conserver la liberté de choix dans leur mode de travail au quotidien ».

Télétravail total : parole à la défense

La pandémie a rendu l’open space impropre à une application optimale des contraintes sanitaires. Selon Santé publique France, 20 % des clusters identifiés pendant la période estivale relevaient d’un environnement professionnel. Parfois réticentes, les entreprises ont dû basculer en distanciel à marche forcée. Nombre d’entre elles en ont cependant mesuré les avantages :

  • Le télétravail accroît la flexibilité d’agencement et d’occupation des locaux. Les coûts immobiliers sont réajustés, de manière marginale ou radicale. Des entreprises comme la coopérative américaine REI vont jusqu’à vendre leur siège.
  • Les salariés apprécient la limitation des déplacements. Un jour de télétravail permet de réduire de 69 % les trajets sur cette journée et d’éviter embouteillages ou rames de métro bondées.
  • Les pionniers du télétravail total offrent une grande flexibilité à leurs employés, qui peuvent gérer leur temps en toute autonomie. « On s’attache davantage à l’entreprise », estime une collaboratrice de Human Made.
  • Pour les RH, opter pour le travail à distance permet de s’émanciper du bassin d’emploi et de recruter les meilleurs talents, où qu’ils soient basés.
  • En termes de performance et de productivité, les avantages (moins de temps de transport, plus de concentration) l’emportent sur les inconvénients (pas d’ambiance de travail, installation inadéquate…).

Des startups ont saisi l’aubaine, telles que Human Made, Gitlab, Buffer. Avecses 300 employés basés dans 28 pays,Zapier s’est glissé tout naturellement en mode full remote. Lemédia The Next Web voit dans cette configuration le moyen pour ses journalistes d’être présents partout et plus réactifs.

Télétravail permanent : parole à l’accusation

Le revers de la médaille ? Si le télétravail total est optimal pour les startups conçues dès le départ autour de ce principe, comme Dalibo, il n’en va pas de même pour toutes les entreprises.

  • Les collaborateurs, en se retrouvant isolés, peuvent souffrir du manque de lien sans que cela ne soit facile à déceler pour les managers. Les jeunes en premier emploi, stage ou apprentissage, regrettent particulièrement le manque de connexion. L’éloignement freine la transmission des connaissances et des bases de la vie d’entreprise.
  • Le gain de productivité peut aussi être en trompe-l’œil, s’il résulte de plus longues heures de travail et de l’empiétement sur le temps familial. D’énormes efforts ont pu être consentis par des salarié jonglant entre vie professionnelle et vie privée dans un espace qui n’a pas été conçu pour.
  • Enfin, le télétravail exacerbe les inégalités sociales et de genre. Les femmes sont défavorisées en termes de partage du temps, de l’espace et des tâches familiales et domestiques. Tous les employés ne bénéficient pas non plus des mêmes conditions matérielles.  En Île-de-France, où 41% des d’employés actifs ont été en télétravail, 25 % des logements sont surpeuplés.

Accepté voire plébiscité au départ, le télétravail total montre ses limites sur la durée. Il devient plus difficile de déconnecter, plus compliqué de manager et de maintenir la cohésion d’équipe, plus pénible de passer des heures en visio. Des risques psychosociaux peuvent apparaître, la démotivation guette, le burn out n’est pas exclu

Le futur du travail : hybride

Un retour à la situation pré-Covid est improbable. Le télétravail est désormais compatible avec les métiers d’un cinquième des travailleurs. Alors que la France était retardataire sur le sujet, « près de 90 % des dirigeants sont prêts à adopter durablement le travail hybride ».

Cependant, les entreprises optant pour le tout-télétravail resteront rares. Le full remote n’est pertinent que pour des secteurs bien particuliers, notamment dans le digital. Ailleurs, les bureaux seront repensés mais resteront le creuset de la culture d’entreprise.

Une ère bouillonnante d’exploration et d’expérimentation de nouveaux modes de travail s’ouvre aux entreprises. Peu importe où le travail est fait ; ce qui importe, c’est comment il est mené et pour quels résultats. La fin du présentéisme a sonné.

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