Les entreprises prennent-elles les risques psychosociaux au sérieux ?

risques psychosociaux

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La santé mentale est-elle en passe de devenir la troisième vague épidémique ? Privés de liens sociaux depuis près d’un an dans leurs sphères personnelles comme professionnelles, de nombreux Français se sentent à côté de leurs pompes, entre déprime passagère et syndromes dépressifs. santé mentale et risques psychosociaux

 « L’épidémie de Coronavirus a généré une importante souffrance psychologique chez de nombreux Français, toutes générations confondues, et chez tous les profils socio-démographiques », souligneFanny Jacq, psychiatre, directrice de la santé mentale de Qare. Ce pionnier de la téléconsultation en France s’appuie sur une étude réalisée en décembre 2020 avec YouGov.

Les entreprises ont-elles suffisamment pris la mesure de l’ampleur du risque ?

La santé mentale, un risque caché

« Les causes des risques psychosociaux sont à rechercher à la fois dans les conditions d’emploi, les facteurs liés à l’organisation du travail et aux relations de travail. Ils peuvent concerner toutes les entreprises quel que soient leur taille et leur secteur d’activité », rappelle le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. « L’exposition à ces risques de travail peut avoir des conséquences sur la santé des salariés, notamment en termes de maladies cardio-vasculaires, d’affections psychiques, d’épuisement professionnel (burn-out), voire de suicide », explique quant à elle l’Assurance Maladie.

Avec l’essentiel de leurs collaborateurs à distance, la difficulté pour les entreprises consiste à déceler les RPS à tempsStress, surcharge de travail, conflits, journées à rallonge, empiètement vie privée-vie professionnelle… travailler depuis chez soi n’a pas forcément réduit les sources de risques, en a même amplifié certaines tout en en créant de nouvelles. Les personnes concernées ne sont pas toujours conscientes de la gravité de leur souffrance mentale. Elles peuvent aussi décider de ne pas en faire part à leur entourage, notamment professionnel, pour ne pas paraître en posture de fragilité.

Selon un enquête Dares de 2016 citée par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), 25% des 28000 salariés interrogés déclaraient devoir toujours ou souvent « cacher leurs émotions » et « faire semblant d’être de bonne humeur ». Aujourd’hui, il devient sans doute un peu plus facile d’aborder ce sujet, grâce notamment aux prises de parole d’influenceurs et personnalités publiques.

Prendre le pouls des collaborateurs

Comment détecter des signes de souffrance au travail ? Selon une communication du Plan santé au travail, certains indices peuvent alerter collègues et managers :

  • Des changements inhabituels de comportement tels que des réactions excessives ou inappropriées, une irritabilité, des pleurs, une agressivité, un repli sur soi, un surinvestissement ou un désengagement/désintérêt dans le travail, apparition ou multiplication de consommations de substances ;
  • Des troubles de la concentration et de l’attention qui peuvent se traduire par des erreurs ou des oublis dans le travail ;
  • Des idées et des attitudes négatives qui révéleraient une démotivation, une dévalorisation ;
  • Des changements importants dans l’apparence physique, telles qu’une variation du poids, une négligence de l’aspect esthétique, voire de l’hygiène ;
  • Des absences et/ou des retards fréquents ;
  • Un épuisement physique et émotionnel.

Clairement, rester vigilant et prêter attention à un collègue en souffrance est du ressort de chacun. En situation de télétravail, l’isolement peut être ressenti particulièrement durement. A ce titre, les vertus du dialogue sur la santé mentale sont nombreuses. En attendant qu’il soit de nouveau possible de se retrouver face à face, des pauses collectives par visio ou des conversations bilatérales régulières peuvent empêcher de laisser le sentiment d’isolement s’installer.

Préserver le lien pour préserver la santé mentale

Selon une étude OpinionWay pour Microsoft France« le principal élément qui rend les 18-24 ans heureux dans leur travail est qu’ils se sentent bien avec leurs collègues et qu’ils apprécient l’ambiance de travail (44%) ». Si de nombreux salariés ont savouré la possibilité de télétravailler, du moins au début, ils sont aujourd‘hui nombreux à regretter les interactions quotidiennes avec leurs collègues au bureau. La socialisation sera un élément central à prendre en compte par les entreprises lorsque les sites accueilleront de nouveaux les équipes.

« Cette étude confirme de manière claire que notre bonheur est moins en nous qu’entre nous : rien ne nous rend plus heureux qu’une qualité de liens, et même une qualité de liens quotidiens », confirme lephilosophe Charles Pépin.

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