Les compétences de demain

Vous l’avez peut-être remarqué, on tend désormais à classer les compétences en hard skills et soft skills. Les hard skills, ce sont les compétences, souvent de nature technique, que nous avons acquises en formation initiale. Jusqu’à peu, les recruteurs n’avaient d’yeux que pour elles. Pour faire face à des environnements de plus en plus mouvants, les entreprises sont aujourd’hui en quête de soft skills, qui permettent aux collaborateurs de communiquer efficacement, de s’adapter avec aisance et de manager avec doigté. Le candidat idéal aura su développer ses compétences dans les deux directions.

Hard skills : les savoir-faire de demain

LinkedIn offre un bon poste d’observation des tendances professionnelles. Selon un classement publié en janvier par la plateforme, les cinq compétences techniques les plus recherchées sont largement technologiques : la blockchain, qui fait son entrée dans le classement, le cloud computing, le raisonnement analytique, l’intelligence artificielle et la conception UX.

Les trois compétences suivantes relèvent de l’analyse commerciale, qui gagne 10 places, du marketing d’affiliation, nouveau dans le classement, et de la vente, qui maintient sa position.

Peut-on parler d’obsolescence programmée pour les hard skills ? Certaines, telle la connaissance d’une langue étrangère, ne se périmeront jamais. D’autres, comme la maîtrise d’un langage informatique ou d’une méthodologie, peuvent avoir une durée de vie limitée dans le temps.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les hard skills évoluent au fur et à mesure de la transformation, notamment digitale, des métiers et des besoins des entreprises. A tel point que, pour mener sa carrière, il n’est plus possible de se contenter des connaissances acquises sur les bancs de l’université. Pour rester en adéquation avec leurs missions, les collaborateurs doivent désormais réactualiser leurs connaissances tout au long de leur vie professionnelle.

Les soft skills : des savoir-être très recherchés

« Avancer les soft skills » fait partie des nouveaux ways of working (WoW) identifiés par Influencia dans son dossier consacré aux façons de travailler de demain : « En résumé, vous prenez un shaker et vous y versez créativité, intelligence émotionnelle (…) et solidarité mâtinées d’agilité, de bienveillance, de feedback permanent, vous saupoudrez de culture client et de confiance réciproque, d’engagement et de persévérance, et vous avez le talent pour lequel les chasseurs de primes de demain se battront. »

Les hard skills citées plus haut s’appuient sur les données pour aider à l’analyse, mais c’est in fine un être humain qui prendra la décision. Celui-ci doit être doté de capacités cognitives et de résolution de problème, d’aptitudes interpersonnelles et de communication. Moins facilement mesurables, ces compétences complémentaires font la différence quand le rôle implique de faire preuve d’esprit critique pour trancher ou d’intelligence émotionnelle pour convaincre et négocier.

Toujours selon LinkedIn, les cinq compétences comportementales les plus recherchées sont la créativité, l’esprit d’équipe, la persuasion, l’adaptabilité et l’intelligence émotionnelle. Bref, tout ce qui peut huiler les rouages de la grande machine qu’est l’entreprise, accroître le bien-être au travail et favoriser la résilience.

L’organisation apprenante

Les entreprises s’arrachent les talents qui sont à la pointe des hard skills (si vous avez dû recruter un data scientist, vous comprenez de quoi nous parlons) tout en cultivant leurs soft skills. L’enjeu n’est pas seulement de parvenir à recruter les meilleurs, mais aussi de les fidéliser et surtout de continuer à développer le potentiel des collaborateurs tout au long de leur vie professionnelle.

D’ailleurs, les salariés eux-mêmes n’attendent que ça, selon Robert Half France. « Les meilleurs employeurs savent qu’il est important de placer le développement professionnel de leurs collaborateurs au cœur de la politique de l’entreprise (…) parce que c’est ce que leurs salariés attendent », précise le cabinet.

Plusieurs approches sont possibles pour devenir une entreprise apprenante, aussi appelée entreprise cognitive. La voie du reskilling consiste à acquérir une nouvelle compétence pour effectuer un nouveau travail. Pour le Forum économique mondial, le monde de l’entreprise a un besoin urgent de reskilling. L’autre voie est celle de l’upskilling, qui consiste à acquérir de nouvelles compétences pour effectuer le même travail. Bienvenue dans l’ère de l’apprentissage continu !