Le bureau, un lieu de vie à part entière

Le bureau lieu de vie

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La crise sanitaire et la généralisation du télétravail questionnent l’avenir du bureau. Une réflexion à laquelle contribue notamment @Gecina qui a interrogé en septembre 2020, 24 dirigeants sur cette thématique. Non, le bureau n’est pas mort, il se transforme en lieu de vie.  

Le bureau comme lieu de sociabilité

Plus que jamais, le bureau est le lieu des échanges et de la sociabilité. Après bientôt deux ans de crise sanitaire, les salariés en ont assez de l’isolement et sont en demande de contact avec leurs pairs. Conversations autour d’un café, réunions en présentiel, les outils technologiques n’ont pas remplacé le plaisir de l’informel et l’efficacité du face à face.   

Si beaucoup d’entre eux souhaitent renouer avec le lien social, ils ne veulent pas pour autant revenir au bureau à temps plein. 80 % des salariés aspirent à conserver entre un et trois jours de télétravail par semaine, selon l’étude du cabinet Empreinte humaine.  

Autant de raisons de penser que le bureau n’est pas mort, mais qu’il va devoir se réinventer. Avec la pérennisation du travail hybride, le bureau est désormais d’abord un lieu d’échange. Le lieu du travail en équipe, de la convivialité et de la collaboration. Le télétravail, lui, est réservé aux activités qui requièrent concentration et isolement.  

Une évolution dans l’organisation du travail qui implique des changements dans la conception des espaces de bureau. Des espaces modulables, adaptés aux nouvelles manières de travailler. Espaces de travail communs, salles de créativité, propices à la collaboration et à la convivialité. Mais aussi des cellules isolées pour que chacun puisse y trouver son compte. Une chose est sûre : la part accordée aux espaces de réunion et aux espaces de convivialité va augmenter.  

“Aujourd’hui, dans un immeuble de bureaux, on a plus ou moins 70% des espaces occupés par les postes de travail. Et 30% par toutes sortes d’espaces communs. Nous prétendons que l’on va renverser cet équilibre et que l’on va plutôt avoir besoin de 70% d’espaces collaboratifs, et 30% d’espaces dédiés aux plateaux traditionnels.” explique Alexandra Villegas, architecte et membre du collectif international d’architectes STUDIOS Architecture 

 

Le bureau comme lieu de l’expérience collaborateur

Dans le futur, le salarié viendra au bureau pour vivre une expérience. “Dans l’hypothèse d’une guerre des talents, il faudra traiter les salariés comme des clients”, indique Maxime Chevallet, manager au cabinet Akoya. Et à l’instar des clients des boutiques physiques concurrencées par le commerce en ligne, il faudra leur donner envie de se déplacer.  

L’immeuble deviendra une vitrine de la marque. Un vecteur d’attractivité pour retenir les talents. “Il doit proposer quelque chose en plus au salarié, un environnement qu’il ne pourra pas reproduire chez lui”, estime Jean-Frédéric Heinry, président d’Altarea entreprise studio.  

Avec l’alternance des gens en présentiel et à distance, l’aménagement de bureau devra ainsi être en mesure de s’adapter à une diminution ou à une augmentation rapide du nombre de postes. “Nous travaillons sur un concept de bureaux élastiques, beaucoup plus flexible, et agile dans le temps. L’espace doit pouvoir s’adapter progressivement à ces nouvelles façons de travailler, et en même temps gérer toutes les fluctuations de présence que l’on va vivre” commente Alexandra Villegas.  

Pour le futur siège de Samsung So Pop, à Saint-Ouen, Covivio a ainsi conçu un immeuble ajustable quasiment en temps réel. Avec une scénographie inspirée de l’univers du musée. La programmation de l’immeuble – son design, son mobilier, les services – évoluera avec le temps.  

Pour séduire les salariés, leur bien-être est au centre. Avec des bureaux qui adoptent de plus en plus les codes de l’hôtellerie. « L’entreprise a désormais le souci d’attirer les talents sous la forme d’un art de vivre global au bureau, assorti de services comme conciergerie, cantine ou crèche. Ce qui existait auparavant, s’impose désormais dans une version plus “hype”, type hôtel 5 étoiles », analyse Thierry Pillon, professeur de sociologie et co-auteur de Le Corps au travail.  

Moore Design, spécialiste de l’aménagement de bureaux, a fait de son siège social une vitrine de son savoir-faire. Le Five, situé dans le quartier Montorgueil, conçu comme un laboratoire d’innovations, illustre bien ces changements. Le lieu donne à voir leur vision du bureau idéal : confortable, beau, fonctionnel.

 

Le bureau comme lieu de partage au cœur de la cité

Gecina a sondé en 2020 les dirigeants d’entreprises sur le thème “Avons-nous toujours besoin de bureaux?“. Les dirigeants interrogés vont plus loin et imaginent que demain, les bureaux deviendront “un lieu d’accueil et de dialogue, au cœur de la cité”.  

Un bouleversement qui serait l’ultime étape de l’ouverture de l’entreprise, et qui irait dans le sens de l’entreprise engagée, contribuant positivement à un écosystème élargi (collaborateurs, clients, parties prenantes, acteurs associatifs, habitants…). Elle ne serait plus seulement le lieu des salariés, mais un lieu d’action pour la ville, caractérisé par une mixité d’usages et une mixité d’utilisateurs, analyse l’étude.  

Incontestablement, le bureau fait sa mue. Une mue en forme de révolution que Méka Brunel, directrice générale de Gecina, résume en ces termes “Les professionnels de l’immobilier n’ont d’autre choix que de transformer le bureau, l’espace physique de travail, en lieu de vie désirable et durable, où l’humain a toute sa place. En lieu de vie ouvert, qui accompagne, accueille, réunit, partage, facilite, stimule, bouillonne, soude et incarne. En lieu de vie respectueux du passé mais aussi de l’avenir, qui allie bien-vivre et performance” 

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