La bienveillance au travail.

La bienveillance, un état d’esprit plus pertinent que jamais

Dans le monde de l’entreprise, l’heure est au changement et à la réflexion. Maintenant que le télétravail est entré dans les mœurs, à quoi les bureaux serviront-ils ? Comment manager à distance des équipes dispersées ? De quelle manière faire vivre la culture d’entreprise ? Il est passionnant de voir les réponses en train d’être inventées. Beaucoup gravitent autour du concept de lien, de sociabilité, de relations interpersonnelles. Une notion en particulier sort du lot : celle de bienveillance.

La bienveillance, une vertu atemporelle

Mais tout d’abord, qu’est-ce que la bienveillance ? « Dans le cadre de l’entreprise, il s’agit d’une attention à l’autre dans son développement éthique, technique ou encore professionnel », proposent comme définition deux enseignants-chercheurs, Ghislain Deslandes et Guillaume Mercier, dans The Conversation.

Le sujet n’est pas nouveau. Ainsi, des centaines d’entreprises avaient-elles lancé en 2011 un « appel à plus de bienveillance au travail ». Les signataires – dirigeants, managers, salariés, coachs, psys – mettaient en avant de multiples avantages : « donner du sens au travail de chacun, développer la qualité des relations et le mieux vivre ensemble, veiller au bien-être des individus ». Si certains ne voient dans la bienveillance rien de plus qu’un sujet à la mode, d’autre y perçoivent une vertu cardinale. Atemporelle, elle est particulièrement propice au développement de relations interpersonnelles constructives et à l’amélioration de la qualité de vie au travail (QVT). Même – ou peut-être surtout – lorsque le télétravail prive les interactions de leur dimension conviviale et informelle.

Bienveillance et performance

Selon une enquête de l’EDHEC Business School, « NewGen for good : comment la nouvelle génération va transformer l’entreprise ? », la principale transformation en entreprise souhaitée par les 2700 futurs diplômés interrogés porte sur « les relations de travail : un management bienveillant, le respect des personnes » (57%). Cette attente devance « le respect des principes du développement durable et de la RSE » (46%) et « la façon de traiter les sujets : un regard neuf sur les problèmes rencontrés » (45%).
Pour la génération Z, la bienveillance est bien sûr un critère de QVT, mais favorise également la performance. « Le bien-être permet de meilleurs résultats qu’une pression continue », souligne l’un des participants à l’enquête. Un environnement bienveillant tend à encourager l’engagement des collaborateurs, facilite la coopération et réduit les risques psychosociaux (RPS), tels que le burn-out.

Bienveillance spontanée vs bienveillance instrumentale

Les avantages que l’entreprise peut gagner d’un management bienveillant font peser le doute sur la sincérité de la démarche. Cette vertu ne risque-t-elle pas d’être instrumentalisée ? « Le paradoxe de la bienveillance est qu’elle n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle est perçue comme authentique, sincère, bref ne cherchant pas en premier lieu cette forme-là d’efficacité. Autrement dit, la bienveillance n’est une bonne pratique qu’entre les mains de managers qui justement n’en font pas un dispositif managérial », rappellent Ghislain Deslandes et Guillaume Mercier.

S’il existe plusieurs formes de bienveillance – formelle et utile, ou conviviale et gratuite –, elles apparaissent plus complémentaires qu’opposées. La bienveillance est avant tout un état d’esprit qui peut être attendu de tous les collaborateurs, quels que soient leur rôle et leur position hiérarchique. Converser de manière informelle à la machine à café ou lors d’un apéro Zoom n’empêche pas les équipes de rechercher la performance.

Il en va de même pour nombre de qualités interpersonnelles. Ainsi, exprimer sa reconnaissance ouvre des opportunités et peut même aider une carrière à avancer, rapporte un article de la Harvard Business Review. La démarche peut être spontané tout en se révélant utile. Est-ce une raison pour se retenir de dire merci ?