Journée du bonheur… au travail

Le 20 mars est la journée internationale du bonheur. Depuis 2013, l’Organisation des Nations Unies célèbre « le bonheur et le bien-être, deux aspirations à caractère universel partout dans le monde ». Partout… même au bureau ?  
Mais oui ! C’est désormais officiel : « Travailler est nécessaire pour être bien dans sa tête». Telle est la conclusion de l’étude OpinionWay menée en novembre 2020 pour Microsoft France. Les chiffres sont formels : 

  • « Le travail contribue au bonheur pour plus de 7 Français actifs sur 10 (72%) ; 
  • Le lien social est un ingrédient clé du bonheur au travail pour 4 actifs sur 10 (40%) ; 
  • Le principal élément qui rend les 18-24 ans heureux dans leur travail est qu’ils se sentent bien avec leurs collègues et qu’ils apprécient l’ambiance de travail (44%) ; 
  • Parmi ceux pour lesquels cela a été possible, plus de 7 actifs sur 10 ont apprécié de se rendre dans les locaux de leur entreprise pendant le confinement (73%). » 

La clé du bonheur : le lien social 

« Le travail est à la fois un carcan et une libération… Il n’est ni malheur ni bonheur, c’est un moyen au service de la vie », résume la philosophe Julia de Funès. De quoi relativiser le spleen du dimanche soir et chasser la morosité du lundi matin.
Que ce soit au travail ou dans la vie privée, le bonheur est avant tout dans l’autre : l’être humain est un animal social. Dans une infographie de décembre 2020, la société de solutions RH Protime montre qu’une majorité de collaborateurs (42%) pensent que « les relations avec leurs collègues sont importantes ». Ils sont encore plus nombreux (55%) à reconnaître que « la vie sociale avec les collègues est la première raison de venir au bureau ». Enfin, près des trois-quarts d’entre eux (72%) comptent même des amis parmi leurs collègues.

Ce bien-être relationnel est précieux pour l’entreprise – ce n’est pas pour des raisons totalement désintéressées que le rôle de Chief Happiness Officer a été inventé. « Dans le secteur des services, si vos collaborateurs ne sont pas épanouis au travail, vous vous faites bouffer par les concurrents », témoigne Sadri Fegaier, PDG de SFAM Assurances

Les directions des ressources humaines ont bien conscience de la nécessité de préserver le lien social dans un monde du travail désormais hybride. « La crise sanitaire a perturbé nos routines et nos rituels, des plus importants (les mariages, les enterrements) aux plus quotidiens (prendre un café avec ses collègues, serrer ses amis et sa famille dans ses bras), non sans impact sur le moral et la santé mentale de chacun. Au même moment, de nouveaux rituels sont apparus et de nouvelles habitudes se sont installées », souligne l’étude Trends 2021 de Fjord (Accenture).

Les interactions doivent désormais se déployer sur de multiples sites – bureau, domicile, tiers lieux. La technologie aura bien sûr son rôle à jouer, grâce à toutes sortes d’innovations digitales. Les soft skills également, ainsi qu’une culture d’entreprise empreinte de bienveillance. 

Être heureux et épanoui au travail 

Francis Boyer, spécialiste en innovation managériale et auteur du Plaisir au travail, va plus loin en distinguant bonheur et plaisir « L’hormone du bonheur est la sérotonine, qui procure un sentiment de bien-être et de plénitude sur le long terme. Pour influer sur le bonheur au travail, il faut donc agir sur le sens, le bien-être et les conditions de travail. L’hormone du plaisir, elle, est la dopamine, qui est le vrai moteur de l’action et joue un rôle majeur dans le circuit de la récompense. Problème : sa durée de vie est très courte. Pour prolonger et renouveler le plaisir au travail, il faut donc agir sur la collaboration et le contenu de la mission proposée ».

C’est donc souvent une combinaison de facteurs qui permet de s’épanouir dans la vie professionnelle : la satisfaction du travail bien fait, le sentiment d’être reconnu, autonome et responsabilisé, ou le plaisir d’apprendre, par exemple. Ces piliers de la qualité de vie au travail (QVT) ont notamment été qualifiés par le think tank Terra Nova de leviers de compétitivité« Pour qu’une entreprise tourne à plein régime, il faut responsabiliser les salariés et les nourrir de retours d’information réguliers et utiles sur leur travail. Une simple tape dans le dos ne suffit pas », confirme la directrice de l’étude HappyIndex/AtWork.  
L’activité physique contribue aussi fortement au bonheur. Selon une étude conduite par les universités de Yale et d’Oxford« l’argent ne fait pas le bonheur, mais le sport oui. Les personnes qui pratiquent une activité physique régulière seraient moins malheureuses que les autres. » 

En France, où l’on travaille en moyenne 36 heures par semaine, être heureux au travail aide à être heureux tout court. Si exercer son corps influe positivement sur son état mental, l’inverse est également vrai : « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé », écrivait Voltaire. Suivons son modèle.